Berlioz Admin

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 | Sujet: Mausolée ou Muse Scellée Jeu 15 Mai - 16:47 | |
| BONG
Alors que la ferraille de la barque commençait seulement à résonner Berlioz était déjà sur la rive. Il courait comme un dératé, sautant les obstacles avec plus d'énergie que nécessaire et cette lueur de folie agonisante dans le regard.
Il courut jusqu'à la tombe sommaire de Priscillia. Après une seconde de contemplation méprisante il donna un grand coup de latte dans la pierre, qui, instable, ne manqua pas de s'écrouler avec fracas.
SBLAM
Les yeux de Berlioz n'étaient plus noirs mais rouges, rouges de colère, rouges de honte, rouges de désir.
Avec ses seuls ongles pour pelle il creusa la terre, comme un chien voulant retrouver son os. Les doigts en sang, quelques ongles brisés par le roc, il se heurta enfin à la boîte qui servait de cercueil. Ses ongles crissèrent une dernière fois sur le bois, la boîte s'ouvrit.
Les quelques curieux qui n'avaient pas encore fuit la folie apparente du personnage ont désormais fuit l'odeur pestinencielle du cadavre. Et pourtant c'est à pleines mains que Berlioz fouilla le cerceuil. Il en ressortit un cadavre à moitié décomposé, cadavre qu'il porta avec ses maigres bras jusqu'au manoir.
Sur le chemin Berlioz hurlait :
Place ! Place ! Faites place à la Princesse !
L'odeur, une fois encore, dispersa tous les curieux. C'est donc seul que le couple entra dans le manoir.
Certains affirment avoir vu une large clef de bronze dans une des mains de Berlioz.
Lorsque ce dernier disparu dans les ténèbres de la bâtisse un silence de plomb s'abattit sur la communauté. Plus personne n'osait bouger, parler et certains se demandaient même si il était convenu de respirer. Deux longues heures passèrent ainsi, silencieusement mortuaires.
Berlioz ressortit du manoir seul, aussi fou et recueilli qu'il y était entré ; ni le spectacle ni sa folie n'étaient finies. Il paraissait éthéré et seule la masse qui pendait de sa main droite semblait le rattacher encore au sol.
Cérémonieux et magistral il leva la masse au dessus de sa tête, la tenant à deux mains.
Il frappa un coup net, précis, puissant sur la voûte de la porte principale. Une première et large fissure scinda le bâtiment en deux.
Tel fut le premier coup. Ceux qui suivirent furent plus désordonnés mais emplis de la même rage, de la même fureur. Pendant deux jours et deux nuits Berlioz frappa
Frappa
Frappa
Quelques uns tentèrent de le retenir mais aucun n'y parvint.
Au bout de ces 48 heures de pure démolition, lorsque le manoir entier ne ressemblait plus qu'à un tas de gravats, Berlioz lâcha la masse. Avec ses dernières forces il ouvrit son sac-bibliothèque qu'il n'avait plus ouvert depuis la mort de Priscillia, sa Priscillia, et en sortit un lourd volume. Il le déposa méticuleusement sur le tas de gravats encore fumant de poussière et s'évanouit.
Le livre c'était Belle du Seigneur.
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